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Anafi peut-il sauver Parrot de la banqueroute ?

Après une baisse de tarif vertigineuse de sa Parrot Disco, signe d’un échec commercial cuisant, Parrot revient sur les devants de la scène en levant le voile sur son dernier espoir. Faute de nouveauté et d’attractivité, vivant dans l’ombre d’un DJI au marketing Apple assumé, la recette qui fut un temps la gloire du pionnier Parrot risque de couper court. L’Anafi représente la relève des Bebops, mais pourrait sonner le glas du Drone 100% Français, poussé vers l’obsolescence par l’impitoyable Mavic. Entre sa stabilisation numérique dépassée et une qualité d’image mitigée, il était dur d’imaginer Parrot parvenir à redresser la barre.

En fin de compte, Anafi est un sérieux concurrent pour le Mavic Air. Aussi petit, plus léger (319,7 grammes à peine), il paraitrait même que DJI ait du mouron à se faire, compte tenu des caractéristiques très similaires annoncées et de son prix agressif fixé d’entrée à 700 euros. Nous ne serions pas étonné de voir le prix du Mavic Air baisser dans les semaines à venir pour s’aligner avec Parrot.

 

En vidéo ça donne quoi ?

Le rendu est honnêtement très proche de celui du Mavic Air. Parrot annonce un débit de 100 mbps et du 4k30fps très clean. La caméra est équipée du tout dernier capteur Sony IMX230 de 21MP, presque deux fois plus que les Mavic mais surtout d’un objectif lumineux F2.4 à zoom 23-69mm (équivalent 35mm) ! Comment ça, un zoom optique sur un drone aussi petit ? Pas si vite. En réalité, Parrot utilise un artifice assez astucieux pour parvenir à un zoom numérique sans perte de qualité. Cette technique fonctionne grâce au nouveau capteur Sony dont l’Anafi n’utilise qu’une petite partie centrale pour fonctionner. En faisant varier à la baisse la taille de son capteur, la distance focale due au crop-factor augmente. Toutefois, là où cette configuration coince, c’est que ses performances en basse lumière devraient être très décevantes, voire risibles. Avec un capteur 1/2,3″ effectuer un crop réduira encore la surface sensible et la dynamique de l’image. Un mal pour un bien, même si l’Anafi jouera son rôle à merveille en plein jour.

 

Une stabilisation 2 axes

Nous pourrions reprocher à l’Anafi de n’être stabilisé que sur deux axes, si une compensation numérique n’existait pas, et s’il ne bénéficiait pas d’une contrepartie plus intéressante encore.

Car la véritable différence réside dans le fait que sa nacelle peut aussi s’orienter vers le ciel ; chose qui n’a jamais été réalisée sur un drone DJI jusqu’à présent et pourtant cruciale pour pouvoir bénéficier de tous les angles de vue possibles. A elle seule, cette petite attention, pourrait faire pencher la balance en faveur de l’Anafi. Autrement, l’anafi disposerait d’une portée de 4km grâce à son skycontroler 3 fonctionnant en wifi, soit autant qu’un Mavic Pro qui utilise pourtant la technologie Ocusync.

 

 

Nous vous invitons à consulter le test de nos confrères d’hélicomicro pour en savoir plus sur la qualité vidéo.

 

Évitement d’obstacle : le grand absent

Absent au bataillon, les capteurs d’évitement d’obstacles qui font partie intégrante des systèmes de vol DJI et assurent leur fiabilité, devraient en refroidir plus d’un. Tout dépendra du lieu d’utilisation et de l’expérience du télépilote aux commandes de l’Anafi. L’aventure pourrait se révéler plus périlleuse que prévu, avec un drone à ce prix et qui devrait attirer le grand public, pas toujours très avisé. Comme sur la Disco, l’Anafi a tout de même un capteur ultrason pour sécuriser son atterrissage : le minimum syndical.

 

Un drone Bio-Inspired ou DJI inspired ?

Parrot prétend avoir trouvé l’inspiration pour sa nouvelle coqueluche dans la nature. En observant de plus près sa conception, on se demande si Parrot ne chercherait pas une excuse valable pour ne pas être taxé de plagiat. Car l’Anafi est une copie conforme du Mavic Air mal assumée, à la sauce Parrot. De ses caractéristiques techniques, en passant par ses bras pliants, à sa house de transport semi-rigide, tout a été fait pour venir marcher sur les plates-bandes du géant chinois. Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls à avoir eu cette idée, les constructeurs se multiplient et on se demande combien d’entre eux survivront face à DJI.

 

Des nouvelles batteries

Encore une fois, en voyant ces nouvelles batteries, on ne peut s’empêcher de les comparer à celle de DJI. Le système de led intelligent pour avoir consulter le niveau de charge est clairement inspiré de leurs homologues chinois, sur lesquels cette fonction a toujours existé. Vendu à 100 euros l’unité, ce tarif nous semble outrageusement élevé malgré les performances et 25 minutes de vol annoncées ; car l’Anafi dispose de batteries 2 S de 2700 mAh. Une tension donc moins élevée et une possibilité de les recharger via une source USB et la technologie de charge rapide Qualcomm.

 

Un nouveau mode de prise de vue très original

Pas de superflu, ni de modes de contrôle loufoques. C’est une sage décision pour Parrot, de ne pas s’être lancé dans le développement de tels applications. Au contraire, L’Anafi se focalise sur l’essentiel et se montre très polyvalent en vidéo. A commencer par l’inclinaison sur l’axe vertical à 180°.

Puis avec le mode Dolly Zoom, d’inspiration Hitchockienne, plus communément connu sous le nom de travelling compensé, Parrot joue la carte de l’originalité avec pour objectif de séduire les réalisateurs amateurs, dont l’imagination n’a plus de limite.

 

Une radiocommande digne d’une console de jeu

Parrot profite de la sortie de l’Anafi pour officialiser son nouveau Skycontroler 3. Plus élégant et mieux fini, l’apparence générale se rapproche encore une fois de celle d’une manette de console de jeu. L’esprit reste similaire à l’ancienne version mais le support de tablette est cette fois-ci intégré à la radiocommande, un gain d’espace appréciable pour emporter l’Anafi partout avec soi, c’est d’ailleurs son intérêt principal. Son autonomie devrait se situer autour de 2h30 avec un appareil branché en charge sur la radiocommande et jusqu’à 5 heures sans.

 

Conclusion êtes-vous pro Mavic Air ou Anafi ?

On ne peut pas reprocher à Parrot de s’être inspiré du succès des drones Mavic, quand on connait la différence de moyens des deux entreprises et sa situation financière actuelle. Parrot joue gros avec ce nouveau drone, sur lequel tous leurs espoirs reposent désormais. Au final, l’Anafi a tout d’un grand et se montre très prometteur en vidéo, domaine dans lequel Parrot s’est investi pleinement : mais pour combien de temps ? Selon nous, il s’agit d’une excellente décision de Parrot qui a su concentrer ses efforts sur des technologies et caractéristiques utiles, au détriment de la sécurité certes, avec l’absence inconcevable de capteurs. Nous avons la certitude que le Mavic Pro 2 sortira dans la foulée pour jouer les troubles fêtes. Anafi subira-t-il le même sort que le Gopro Karma ?

 

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